LE POINT
23 – 29 mars 2006

CIRQUE

QUESTION DE DIRECTIONS

Par le Collectif AOC.

Ces jeunes circassiens savent danser, jongler, voler, nous faire rire de tout, l’air de rien. Dès le début, quand un diablotin orange jaillit d’une bouche d’égout, on se dit que ce cirque n’a rien d’un cirque excepté le chapiteau. Pas d’animaux ici, ni sciure ni crottin, mais un décor urbain (qui surgit des trappes), un sol lisse et gris comme le bitume, des acrobates béton, aspirés par les forces souterraines et aériennes, des passants isolés dans une foule qui volent et marchent en accéléré, se rencontrent au cœur d’une très électrique chorégraphie (signée Rebecca Murgi). La narration pique au quotidien des petits riens et de sacrées astuces tels que ces trous noirs qui apparaissent en un clin d’œil et qui propulsent les danseurs dans une autre dimension. Celle de la création multipiste qui flanque un bon coup de fouet au cirque traditionnel. Les DJ donnent le la, tout bouge, les tables, le banc qui devient un vertigineux manège. Né en janvier 2000, le Collectif AOC, huit artistes issus du Centre national des arts du cirque, possèdent le sens de l’éclectisme et du génial bidouillage. Les rires des enfants comme ceux des parents confirment que ce cirque contemporain est dans le juste. Dans la poésie retrouvée, au delà de la parfaite maîtrise des numéros.


M.A.