
Cirque
Chapiteau AOC
AOC, effervescent collectif d’artistes du cirque,
est en tournée.
Leur dernier spectacle « Question de directions »,
passe à Paris.
Quand les membres du Collectif AOC (Artistes d’origine circassienne,
sortis du châlonnais Centre national des arts du cirque en 2000)
ont monté leur première création collective, La
Syncope du 7, ils ont crée un énorme cube-échafaudage,
sur et autour duquel ils rebondissaient, jouaient les trapézistes-équilibristes…
Les spectateurs ont pu l’interpréter, au fil des tournées,
comme la métaphore d’une prison d’où les internés
sortent pour se rencontrer, ou comme une ode à l’éclate
sans drogue (à Porto, où le programme avait annoncé
La Syncope Du 7). Mais AOC n’est pas du genre à livrer
avec mode d’emploi prédigéré et sujet imposé
ses objectifs circassiens d’origine incontrôlée ou
s’incorporent théâtre, danse et musique. « On
ne va pas partir du thème de l’amour par exemple, et le
décliner, façon l’amour vache, l’amour romantique…
dit Mathieu Prawerman, membre fondateur d’AOC. Pour nous parler
du monde en faisant des saltos, c’est surtout interroger notre
façon d’être un collectif. »
Et la scénographie y participe. Après l’échafaudage
fédérateur de La Syncope du 7 (au moment où le
groupe voulait s’affirmer en tant que compagnie), AOC échafaude
l’agrès invisible avec Question de directions. Un trampoline
encastré dans le plancher, des trappes multiples d’où
surgissent des paires de jambes, une platine 33 tours et un DJ, un journal,
un beauf franchouillard, un banc public et toute une galerie de personnages,
caricatures urbaines qui se croisent, se bousculent, se poussent à
terre, se balancent des massues ou s’envoient en l’air dans
un no man’s land qui pourrait être un hall de gare ou d’aéroport.
Scénographie volontairement éclatée pour un groupe
passé en quelques années de cinq à dix-huit têtes,
qui s’assume comme une somme d’individualités (« Quand
on est 9 sur le plateau, ça peut être 8+1, ou 7+2, ou 4+5… »),
avec une organisation collégiale mais pas communautaire. Sur
la scène de leur chapiteau orange, ils ont pour principe de faire
passer tout le monde par les agrès (trapèze excepté).
« Le Collectif est une utopie. Mais une utopie viable, avec
quelques aménagements. »
C.B

